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Comment obtenir la certification ISO 22716 et respecter ses exigences ?

Article publié le samedi 24 octobre 2026 dans la catégorie business.
Certification ISO 22716 : guide complet pour réussir
La norme ISO 22716 encadre les bonnes pratiques de fabrication des produits cosmétiques. Elle aide un fabricant à produire de façon régulière, hygiénique et traçable, tout en démontrant sa maîtrise lors d’un contrôle. Dans l’Union européenne, elle constitue surtout un repère pour répondre à l’obligation de bonnes pratiques de fabrication prévue par le règlement cosmétique. La certification, elle, reste une démarche volontaire : elle apporte une preuve indépendante du fonctionnement du système mis en place.

Comprendre la certification ISO 22716 et son champ d’application

Les activités et entreprises concernées dans la filière cosmétique

ISO 22716 s’adresse aux acteurs qui fabriquent, conditionnent, contrôlent, stockent ou expédient des cosmétiques : laboratoires, façonniers, marques disposant d’un site de production et certains sous-traitants. Son champ porte sur les activités physiques qui influent sur la qualité du produit fini, et non principalement sur la recherche et développement. Le règlement (CE) n° 1223/2009 impose, à son article 8, une fabrication conforme aux bonnes pratiques de fabrication. L’application de la norme harmonisée EN ISO 22716 donne une présomption de conformité aux BPF dans l’Union européenne. La personne responsable demeure toutefois juridiquement chargée de la conformité du produit mis sur le marché. ISO ne certifie pas elle-même les entreprises. Un certificat est délivré par un organisme tiers, après audit. Cette distinction est importante : une entreprise doit respecter les BPF même sans certificat. Pour situer cette logique dans une démarche plus large, consultez cette définition de la certification ISO et de son fonctionnement.

Ce que couvre la norme : bonnes pratiques de fabrication et maîtrise de la qualité

Les BPF visent une qualité constante, depuis la réception des matières jusqu’à l’expédition. Elles concernent notamment le personnel, les locaux, les équipements, la documentation, la production, le contrôle qualité, les produits non conformes, les réclamations et les rappels. La norme ne garantit pas à elle seule qu’une formule est réglementairement autorisée ou sûre. L’évaluation de sécurité, le dossier d’information produit et les exigences d’étiquetage relèvent d’autres obligations. ISO 22716 organise avant tout la capacité à fabriquer conformément aux spécifications approuvées.

Réaliser un diagnostic initial avant de lancer la démarche

Évaluer les écarts entre les pratiques existantes et les exigences ISO 22716

L’analyse des écarts consiste à confronter les pratiques réelles aux exigences de la norme, preuves à l’appui : procédures, relevés de nettoyage, dossiers de lot, plans de maintenance, formations ou contrats fournisseurs. Elle évite de rédiger des documents déconnectés du terrain. Un diagnostic utile observe le parcours complet d’un lot et vérifie notamment :
  • l’identification et le statut des matières reçues, bloquées, acceptées ou rejetées ;
  • la séparation des flux pour prévenir les mélanges et la contamination croisée ;
  • la disponibilité des enregistrements de fabrication et de contrôle ;
  • la capacité à retrouver rapidement l’origine et les destinataires d’un lot ;
  • le traitement documenté des écarts, réclamations et retours.
Chaque écart doit être qualifié selon son risque pour la qualité, la sécurité et la conformité. Les priorités portent généralement sur la traçabilité, l’hygiène, les contrôles et la maîtrise des produits non conformes.

Définir le périmètre, les responsabilités et le calendrier de mise en conformité

Le périmètre du certificat doit décrire précisément les sites, familles de produits et opérations incluses. Une marque qui externalise sa fabrication ne doit pas revendiquer le même périmètre qu’un façonnier ; elle doit plutôt maîtriser ses prestataires. La direction désigne les responsabilités : production, qualité, contrôle, maintenance, achats et logistique. Un calendrier réaliste prévoit le diagnostic, la correction des écarts, la formation, une période de fonctionnement avec preuves, puis l’audit. Un système de management peut être articulé avec une démarche ISO 9001, mais ISO 22716 conserve des exigences spécifiques aux cosmétiques.

Mettre en place les exigences opérationnelles de la norme

Organiser les locaux, équipements, flux et conditions d’hygiène

Les locaux doivent être adaptés aux opérations, propres et entretenus. Les zones de réception, de pesée, de fabrication, de conditionnement et de stockage sont organisées pour limiter les erreurs et les contaminations. Les flux de personnes, de matières, de déchets et de produits finis ne doivent pas créer de croisements à risque. Les équipements sont identifiés, nettoyés, entretenus et, lorsque nécessaire, étalonnés. L’étalonnage confirme la fiabilité d’un instrument par comparaison avec une référence. Les règles d’hygiène personnelle, les tenues, le nettoyage et la lutte contre les nuisibles doivent être formalisés et effectivement appliqués. Une procédure n’est pertinente que si elle correspond aux conditions réelles de l’atelier.

Formaliser les procédures de fabrication, de contrôle et de libération des produits

Chaque fabrication suit des instructions approuvées : quantités, ordre d’incorporation, paramètres critiques, contrôles en cours, conditionnement et étiquetage. Les opérateurs consignent les opérations au fur et à mesure dans le dossier de lot, sans reconstitution a posteriori. La libération de lot est une décision documentée prise après vérification des résultats, des déviations éventuelles et de la complétude du dossier. Aucun produit ne doit être expédié avant cette validation. Les produits en attente, refusés ou retournés restent clairement identifiés et séparés.
ÉlémentPreuve attendue
FabricationInstructions et dossier de lot renseigné
ContrôleRésultats comparés aux spécifications
LibérationDécision qualité datée et identifiable
ExpéditionTraçabilité des lots et destinataires

Qualifier les fournisseurs et assurer la traçabilité des matières premières et des lots

La qualification des fournisseurs repose sur des critères documentés : spécifications, certificats d’analyse si nécessaires, fiabilité des livraisons, gestion des changements et traitement des non-conformités. Le contrôle de réception vérifie l’identité, l’intégrité et le statut des matières premières ainsi que des articles de conditionnement. La traçabilité amont relie le produit fini à ses composants ; la traçabilité aval relie chaque lot aux clients ou distributeurs concernés. Elle doit permettre un rappel ciblé et rapide si un risque ou une non-conformité est identifié.

Construire un système documentaire et former les équipes

Rédiger les procédures, instructions, enregistrements et dossiers de lot utiles

Le système documentaire doit être maîtrisé : versions approuvées, documents accessibles au poste, retrait des versions obsolètes et conservation des enregistrements. Il couvre les procédures nécessaires, sans transformer chaque geste en bureaucratie. Les formulaires de nettoyage, de contrôle, de maintenance et de libération apportent la preuve que les règles ont été suivies.

Former le personnel aux BPF cosmétiques et vérifier l’application des règles

La formation doit être adaptée au poste : hygiène, prévention des erreurs, renseignement des dossiers, manipulation des matières et signalement des anomalies. Les nouveaux arrivants comme les intérimaires sont concernés. La présence à une session ne suffit pas : observations terrain, quiz ou contrôles de dossiers permettent d’évaluer l’appropriation. Cette culture de prévention rejoint les principes abordés par la certification ISO 45001, même si les finalités diffèrent.

Contrôler la conformité et préparer l’audit de certification

Réaliser des audits internes, gérer les non-conformités et conduire les actions correctives

L’audit interne vérifie, par échantillonnage, que les pratiques suivent les exigences et que les preuves existent. Les écarts sont enregistrés, analysés et traités. Une action corrective doit éliminer la cause d’une non-conformité, pas seulement corriger son effet immédiat. Par exemple, refaire une étiquette erronée ne suffit pas si la cause réside dans une version documentaire mal maîtrisée. Les réclamations, retours et rappels éventuels alimentent aussi cette amélioration. Une procédure de rappel testée renforce la capacité de réaction.

Choisir un organisme certificateur et préparer l’audit externe

L’organisme choisi doit être compétent pour le secteur cosmétique et clair sur son programme d’audit. L’entreprise prépare le périmètre, les documents applicables, les enregistrements récents et l’accès au terrain. L’auditeur vérifiera autant les pratiques que les documents. Il est utile de distinguer cette évaluation d’une certification spécialisée telle que l’ISO 13485 pour les dispositifs médicaux, dont le cadre et les risques sont différents.

Maintenir la conformité ISO 22716 après l’obtention du certificat

Suivre les indicateurs, réclamations, retours et changements de production

Le maintien repose sur des indicateurs simples : taux d’erreurs documentaires, écarts de contrôle, réclamations, retours, délais de clôture des actions correctives et résultats d’audit. Tout changement de fournisseur, formule, équipement, local ou procédé doit être évalué avant mise en œuvre afin de préserver la conformité.

Anticiper les audits de surveillance et le renouvellement de la certification

Les audits de surveillance et de renouvellement examinent la continuité du système, pas seulement sa préparation ponctuelle. Conserver des enregistrements fiables, auditer régulièrement les processus et clôturer efficacement les écarts évite une conformité de façade. La certification demeure ainsi la conséquence d’une maîtrise opérationnelle durable, plutôt qu’un objectif documentaire isolé.

Questions fréquentes

La certification ISO 22716 est-elle obligatoire pour vendre des cosmétiques ?

Non, le certificat délivré par un organisme tiers n’est pas obligatoire en tant que tel. En revanche, dans l’Union européenne, le règlement cosmétique impose le respect des bonnes pratiques de fabrication. L’utilisation de la norme EN ISO 22716 apporte une présomption de conformité à cette obligation, mais elle ne dispense pas des autres exigences réglementaires applicables au produit.

Combien de temps faut-il pour être certifié ISO 22716 ?

La durée dépend du niveau de maturité de l’entreprise, du nombre de sites, des opérations couvertes et des écarts constatés au départ. Une structure disposant déjà de procédures, de dossiers de lot fiables et d’une traçabilité fonctionnelle avance généralement plus vite. Il faut prévoir du temps pour appliquer les nouvelles règles, former les équipes et produire des enregistrements avant l’audit externe.

Une marque qui sous-traite sa fabrication peut-elle obtenir la certification ?

Oui, si son périmètre correspond à ses activités réelles, par exemple la gestion des fournisseurs, le contrôle documentaire, le stockage ou la distribution. Elle ne doit pas présenter comme siennes des opérations réalisées par un façonnier non inclus dans son système. Le point essentiel est la maîtrise documentée des prestataires et des responsabilités partagées, notamment pour les spécifications, les changements et la gestion des réclamations.

Quelle différence existe-t-il entre ISO 22716 et ISO 9001 ?

ISO 22716 vise spécifiquement les bonnes pratiques de fabrication des cosmétiques : hygiène, dossiers de lot, contamination, libération et traçabilité. ISO 9001 est une norme généraliste de management de la qualité, applicable à de nombreux secteurs. Les deux démarches peuvent être combinées, mais ISO 9001 ne remplace pas ISO 22716 pour un site de production cosmétique.

Que se passe-t-il lorsqu’une non-conformité est relevée pendant l’audit ?

L’entreprise doit analyser l’écart, corriger la situation et mettre en place une action destinée à empêcher sa réapparition. L’auditeur ou l’organisme certificateur peut demander des preuves complémentaires : procédure révisée, formation, enregistrement de contrôle ou vérification d’efficacité. Une non-conformité ne bloque pas systématiquement la démarche, mais sa clôture dépend de sa gravité et des règles de l’organisme.

Quels documents doivent être immédiatement disponibles lors d’un audit ?

Les auditeurs demandent habituellement les procédures applicables, les dossiers de fabrication, les résultats de contrôle, les preuves de nettoyage et maintenance, les formations, la qualification des fournisseurs et le suivi des réclamations. Les documents doivent être à jour, approuvés et accessibles. La cohérence entre documents et pratiques terrain compte davantage qu’un volume important de procédures.

Faire de la qualité une pratique durable

La démarche ne se résume ni à constituer un dossier ni à réussir un audit ponctuel. Elle repose sur la capacité du site à démontrer, chaque jour, que ses opérations sont maîtrisées : personnel formé, hygiène appliquée, équipements suivis, matières identifiées et lots retraçables. Le certificat apporte une reconnaissance externe, mais la valeur réelle vient de la fiabilité des pratiques quotidiennes. Un diagnostic honnête permet de concentrer les efforts sur les écarts les plus sensibles, puis de bâtir une documentation utile au terrain. Les audits internes, le traitement des anomalies et le suivi des changements entretiennent cette dynamique. Pour avancer efficacement, commencez par cartographier le parcours d’un lot, de la réception des composants à son expédition : c’est le moyen le plus concret de révéler les priorités de mise en conformité.


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